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L’Agriate, terre plurielle


 


L’Agriate , immensité de crêtes, vallons et sommets rocheux, tournée vers la mer et le Cap Corse, suspend le regard. Le temps semble s’arrêter. Le paysage aride de maquis et de granites taillés par l’air marin s’adoucit à l’approche du rivage par la couleur crème des plages et le vert plus tendre des marais. Quelques plaines agricoles se détachent légèrement à la périphérie : la vigne, les prairies et les oliviers y sont encore exploités. Ces terres, qualifiées hâtivement de « désert des Agriate », ont été nourricières pendant des siècles : parcelles cultivées et parcours de troupeaux. Aujourd’hui, elles résistent à la banalisation touristique du littoral et conservent un caractère sauvage grâce à l’absence d’habitation récente et de route goudronnée.

Le territoire s’étend sur 15 000 hectares dont environ 5 000 appartiennent aux communes et 5 514 ont été acquis par le Conservatoire  en bordure littorale depuis 1979. Situé au pied du massif de Tenda, il est à cheval sur quatre communes : Santo Pietro di Tenda, San Gavino di Tenda, Palasca et Saint Florent. L’image et le rôle social et économique de l’Agriate prennent tout leur sens à partir de cette délimitation spatiale marquée par deux extrémités, les plages de l’Ostriconi et de la Roya, et deux lignes, la route et la mer.

Les Agriate  est une traduction française du corse « l'Agriate ». Toutefois, selon l'avis de chercheurs en linguistique, la forme corse pourrait être rétablie dans un souci de préservation du patrimoine culturel de la région dont la langue et la toponymie font partie.  Nous avons ainsi utilisé le terme corse.

Sur le plan historique, le territoire de l’Agriate a connu une succession d’occupations, du Néolithique à nos jours, par des éleveurs cultivateurs, issus des villages et des microrégions limitrophes (Giunsani, Ascu, Nebbiu et Cap corse), qui se partageaient les terres. Les marques de cette présence se répartissent sur les reliefs (Monti Jenuva et Revincu) et les promontoires (Mortella), dans les dépressions et les replats (Saleccia, Chiosu, Ghignu, Ifana, Terriccie...), sur les voies d’accès (cols, anses abritées, chemins historiques) ou à proximité des points d’eau...

Alors que son statut d’espace naturel protégé s’affirme, l’Agriate  fait l’objet d’un attrait grandissant pour les loisirs des habitants et des vacanciers. Sa notoriété nationale, voire internationale, en fait l’un des sites phares de la Corse. Les plages de Saleccia et du Lotu sont particulièrement prisées pour leurs eaux transparentes et leur sable blanc. En hiver, les habitants des villages alentours et de Bastia s’y promènent, y chassent et y pêchent. Ces habitudes témoignent d’un attachement profond au territoire.

En Haute-Corse, le Conservatoire du littoral protège plus de 8000 ha de terrains et 100 km de côtes dont la gestion a été confiée au Département de la Haute-Corse. Sur l’Agriate, ces espaces représentent la plupart des 37 km de rivage. A l’échelle nationale, l’Agriate constitue le plus grand site acquis par le Conservatoire.

Histoire, nature, paysage, usages, confèrent ainsi à ce vaste espace naturel de fortes valeurs sociales, économiques et écologiques.




 







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Agriate en haute corse

 
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desert des agriates en haute corse

 
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CREDITS © PATCHWORK - MENTIONS LEGALES - jeudi 11 mars 2010 01:20:33

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